Lors du récent Microfinance Tech Summit à Harare, Christophe Bretagnolle, expert en digitalisation chez PCES, a présenté une intervention riche en enseignements intitulée « Le domaine de l’inclusion financière Africaine ». Son discours a mis en lumière certains des principaux défis auxquels sont confrontées les institutions de microfinance (IMF) en Afrique et a exposé comment la transformation numérique – notamment grâce aux solutions cloud – peut offrir une voie évolutive et inclusive pour l’avenir.
Christophe a commencé par rappeler un problème persistant sur le continent : des millions d’Africains restent exclus des services financiers formels. Bien que les IMF jouent depuis longtemps un rôle essentiel pour réduire cette fracture, elles sont elles-mêmes confrontées à des limites importantes, notamment liées à l’utilisation de technologies obsolètes. Nombre d’entre elles s’appuient encore sur des systèmes hérités, des processus manuels et des opérations papier, ce qui rend difficile l’élargissement de leurs services ou l’accès efficace aux clients situés dans des zones reculées. Le coût des infrastructures, en particulier des serveurs et du matériel informatique, ajoute une complexité supplémentaire pour des institutions souvent contraintes en ressources.
Pour dépasser ces obstacles, Christophe a présenté ce qu’il appelle la « révolution bancaire cloud ». Les systèmes bancaires central (CBS) basés sur le cloud offrent une alternative puissante aux infrastructures traditionnelles, en supprimant la nécessité d’investissements matériels initiaux. Au lieu d’acheter des serveurs ou de gérer des systèmes internes complexes, les IMF peuvent désormais s’abonner à un service mensuel flexible. Ces solutions sont conçues pour évoluer avec la croissance de l’institution, incluent des mises à jour et maintenances automatiques et libèrent ainsi les équipes internes des lourdes charges IT. Cela permet aux IMF de se concentrer sur l’essentiel : mieux et plus rapidement servir leurs clients.
Un des thèmes majeurs abordés par Christophe est l’importance de choisir un système bancaire central qui corresponde réellement aux réalités opérationnelles des IMF. Des fonctionnalités comme l’automatisation de l’octroi des prêts, le suivi du parcours client, la gestion des produits d’épargne et l’intégration mobile doivent être prévues d’emblée. Étant donné l’importance du mobile pour l’inclusion financière en Afrique, Christophe a insisté pour que les canaux mobiles – USSD, SMS et intégrations avec des plateformes populaires comme M-Pesa ou EcoCash – soient considérés comme essentiels et non comme optionnels.
Christophe a également souligné les avantages de l’architecture multi-tenant des CBS modernes. Il l’a comparée à la vie dans un immeuble collectif : l’infrastructure partagée réduit les coûts et améliore l’efficacité, tout en garantissant à chaque occupant sa confidentialité et son autonomie. Ce modèle permet aussi de mieux négocier avec les fournisseurs, de bénéficier de fonctionnalités de sécurité renforcées et de partager plus facilement les mises à jour sans perturber les services. Pour des IMF en croissance, le multi-tenant constitue une solution abordable et durable pour profiter de technologies de niveau entreprise.
Face aux inquiétudes souvent exprimées par les institutions financières, Christophe a apporté des réponses concrètes. Par exemple, les problèmes de connectivité peuvent être compensés grâce à des systèmes capables de fonctionner hors ligne et de synchroniser les données une fois la connexion rétablie. Quant à la sécurité, perçue comme un obstacle au cloud, elle est en réalité un point fort : les fournisseurs cloud investissent massivement dans des protections avancées. Enfin, concernant le coût, Christophe a rappelé qu’un CBS cloud est souvent plus économique qu’un système hérité, surtout si l’on prend en compte les coûts cachés liés au personnel IT, aux mises à jour matérielles et aux pannes.
L’un des moments forts de la présentation a été l’introduction d’AKIBA, une solution bancaire cœur native cloud développée spécifiquement pour les IMF africaines. AKIBA est conçue pour s’adapter aux processus locaux et aux exigences réglementaires, tout en restant abordable et en proposant un support local. C’est le type de solution qui, selon Christophe, incarnera la prochaine génération de prestataires de services financiers sur le continent.
Pour conclure, Christophe a esquissé les grandes tendances technologiques à venir : le scoring crédit basé sur l’intelligence artificielle, utilisant des données alternatives pour évaluer le risque ; la blockchain, apportant sécurité et transparence ; et le potentiel des API open banking pour une meilleure intégration des écosystèmes. Il a aussi mentionné le rôle croissant des outils numériques pour soutenir les initiatives de finance verte.
Pour les institutions encore en phase de réflexion, le conseil clé de Christophe est clair : commencer petit, investir dans la formation, nettoyer ses données avant migration et choisir des partenaires ayant à la fois l’expertise technique et une bonne adéquation culturelle. Ces étapes, menées avec soin, rendent le chemin de la transformation plus fluide et durable.
Pour approfondir ces enseignements, nous vous invitons à télécharger la présentation complète de Christophe Bretagnolle au sommet :
Télécharger la présentation : The African Financial Inclusion Landscape
Chez PCES, nous restons engagés à accompagner les institutions financières à travers l’Afrique pour construire des systèmes tournés vers l’avenir. Si votre organisation souhaite franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique, n’hésitez pas à nous contacter.